Le projet de loi de finances pour l’annĂ©e 2024, dĂ©voilĂ© et prĂ©sentĂ© devant le parlement fin septembre par Bruno Le Maire le ministre de l’Économie, des Finances et de la SouverainetĂ© industrielle et numĂ©rique, ainsi que Thomas Cazenave, le ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© des Comptes publics. Le PLF 2024 incarne une feuille de route financière claire pour la France dans la prochaine annĂ©e.
Il est le rĂ©sultat de choix fiscaux et budgĂ©taires dĂ©libĂ©rĂ©s, visant Ă rĂ©pondre Ă plusieurs dĂ©fis cruciaux. En premier lieu, il s’attaque de front Ă l’inflation galopante qui a prĂ©occupĂ© les mĂ©nages et les entreprises ces dernières annĂ©es.
De plus, il s’inscrit pleinement dans la trajectoire de rĂ©duction du dĂ©ficit public, conformĂ©ment Ă l’objectif de dĂ©sendettement fixĂ© d’ici 2027.
Toutefois, ce projet ne se limite pas Ă la gestion des enjeux actuels ; il oriente Ă©galement des investissements significatifs vers des secteurs clĂ©s pour prĂ©parer l’avenir, notamment dans le domaine de la transition Ă©cologique, afin de bâtir une Ă©conomie plus durable.
Ce plan budgĂ©taire se dĂ©ploie dans un contexte Ă©conomique particulièrement complexe. La hausse des taux d’intĂ©rĂŞt et les incertitudes gĂ©opolitiques majeures. Le projet de loi de finances pour 2024 se veut donc un outil stratĂ©gique visant Ă assurer la stabilitĂ© Ă©conomique de la France, tout en rĂ©pondant aux prĂ©occupations du moment et en prĂ©parant le pays Ă affronter les vents changeants de l’avenir.
Nous allons donc voir au travers de cet article qu’est ce que le gouvernement prĂ©voit comme mesures et qu’elles sont les changements Ă venir pour les français.
Lutte contre l'inflation
Pour mieux apprĂ©hender l’impact de l’inflation sur l’Ă©conomie, il est essentiel de considĂ©rer les chiffres clĂ©s pour 2023. En moyenne sur l’annĂ©e, l’inflation totale est projetĂ©e Ă 5,8 %, tandis que l’inflation hors Ă©nergie et alimentation s’Ă©tablirait Ă 4,2 %.
ComparĂ© aux prĂ©visions de juin, il y a une lĂ©gère rĂ©vision Ă la baisse de cette dernière. Initialement, on anticipait une inflation hors Ă©nergie et alimentation de 4,4 % en moyenne annuelle. Cette rĂ©vision, bien que modeste, peut avoir des implications significatives sur les dĂ©penses des mĂ©nages et l’environnement Ă©conomique global.
L’inflation Ă©levĂ©e, en particulier lorsque les produits essentiels comme l’Ă©nergie et l’alimentation sont touchĂ©s, peut entraĂ®ner une pression financière accrue sur les consommateurs et les entreprises. Par consĂ©quent, ces chiffres rĂ©cents reflètent l’importance de suivre de près l’Ă©volution de l’inflation et d’ajuster en consĂ©quence les politiques Ă©conomiques et budgĂ©taires pour faire face Ă ces dĂ©fis.
L'indexation du barème de l'impôt
L’indexation du barème de l’impĂ´t sur le revenu sur l’inflation est bien plus qu’une simple mesure administrative. Elle joue un rĂ´le crucial dans la prĂ©servation du pouvoir d’achat des citoyens français, tout en ayant un coĂ»t estimĂ© Ă 6,1 milliards d’euros.
Pourquoi est-ce si important ? Eh bien, imaginez un monde oĂą cette indexation n’existe pas. Cela signifierait que le gouvernement pourrait demander aux contribuables de payer davantage d’impĂ´ts, mĂŞme si vos revenus rĂ©els restent les mĂŞmes.
En d’autres termes, cette absence d’indexation ferait augmenter les taux d’imposition pour de nombreuses familles, sans se soucier de leur niveau de vie actuel. Cela toucherait mĂŞme ceux dont le niveau de vie a stagnĂ© ou diminuĂ©. Pire encore, certaines personnes qui ne payaient pas d’impĂ´ts l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente pourraient se retrouver soudainement imposables. En fin de compte, l’indexation du barème de l’impĂ´t sur le revenu s’avère ĂŞtre une bouĂ©e de sauvetage essentielle pour les Français, les protĂ©geant d’une augmentation fiscale due Ă l’inflation.
Changement de la politique des logements
Le ministère des Finances, communĂ©ment appelĂ© Bercy, a rĂ©cemment annoncĂ© sa stratĂ©gie budgĂ©taire qui repose sur l’extinction progressive des diffĂ©rents dispositifs de rĂ©duction fiscale et cible spĂ©cifiquement le secteur du logement jugĂ© trop coĂ»teux pour les rĂ©sultats qu’il gĂ©nère. Cette initiative est le fruit de la rĂ©flexion du ministre chargĂ© des Comptes publics qui met en avant les prĂ©occupations budgĂ©taires du gouvernement.
Vers la disparition des dispositifs fiscaux immobilier
L’une des mesures emblĂ©matiques de cette dĂ©marche est la fin progressive de la rĂ©duction d’impĂ´t Pinel, destinĂ©e Ă stimuler l’investissement locatif. Ce dispositif, qui coĂ»te chaque annĂ©e près d’un milliard d’euros Ă l’État, est devenu une cible majeure des rĂ©formes de budget. La dĂ©cision de mettre un terme Ă ce dispositif s’explique par le constat de rĂ©sultats mitigĂ©s.
MalgrĂ© des coĂ»ts budgĂ©taires substantiels, les avantages en termes de construction de logements abordables n’ont pas toujours Ă©tĂ© au rendez-vous, et certains critiques ont remis en question son efficacitĂ©. La suppression de la rĂ©duction d’impĂ´t Pinel est donc un exemple concret de la volontĂ© du gouvernement de rationaliser les dĂ©penses publiques en ciblant des mesures fiscales considĂ©rĂ©es comme moins efficaces. On retrouvera donc une rĂ©duction maximum de 12% du montant investi Ă partir du 1er janvier 2024
Cette approche de rĂ©duction des incitations fiscales dans le secteur du logement s’inscrit dans une tendance plus large visant Ă maĂ®triser les dĂ©penses publiques et Ă rĂ©orienter les recettes vers des prioritĂ©s budgĂ©taires plus critiques, tout en optimisant l’efficacitĂ© des politiques Ă©conomiques du pays.
Le prêt à taux zéro ou PTZ
Le prĂŞt Ă taux zĂ©ro (PTZ) fait l’objet de modifications significatives dans le cadre du projet de loi de finances pour l’annĂ©e 2024. Tout d’abord, le PTZ sera prolongĂ© jusqu’en 2027, mais cette extension s’accompagne d’un recentrage visant Ă en renforcer l’efficacitĂ©.
L’une des principales Ă©volutions consiste en l’exclusion du financement de travaux pour l’installation de systèmes de chauffage fonctionnant aux Ă©nergies fossiles. Cette mesure s’inscrit dans une dĂ©marche de transition Ă©nergĂ©tique en favorisant des solutions plus durables.
A noter que le financement de travaux visant Ă amĂ©liorer la performance Ă©nergĂ©tique des bâtiments est maintenu, encourageant ainsi des investissements axĂ©s sur la durabilitĂ©. De plus, une exonĂ©ration de longue durĂ©e de la taxe foncière sur les propriĂ©tĂ©s bâties sera accordĂ©e aux logements les plus anciens rĂ©habilitĂ©s. Cette disposition vise Ă encourager la rĂ©novation et la prĂ©servation du patrimoine immobilier, tout en soutenant des pratiques de construction plus respectueuses de l’environnement.
Faire face Ă l'urgence Ă©cologique dans le PLF

Le conseil des ministres c’est accordĂ© pour dire que la crise environnementale est au cĹ“ur des prĂ©occupations. Pour commencer le gouvernement compte s’attaquer au dossier en incitants les français et les collectivitĂ©s a accĂ©lĂ©rer la rĂ©novation des logements et des bâtiments de l’État. Pour cela il prĂ©voit une augmentation de 2,1 milliards d’euros des engagements budgĂ©taires et de 0,8 milliard d’euros en crĂ©dits de paiement.
MaPrimRĂ©nov'
Au total, près de 5 milliards d’euros seront allouĂ©s en 2024 pour soutenir la rĂ©novation des logements, une hausse de 1,6 milliard d’euros par rapport Ă l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.
Cette augmentation consĂ©quente vise notamment Ă promouvoir les rĂ©novations Ă©nergĂ©tiques soutenues par MaPrimeRĂ©nov’, avec pour objectif 200 000 rĂ©novations dès l’annĂ©e prochaine. De plus, les bâtiments publics bĂ©nĂ©ficieront de ressources accrues pour amĂ©liorer leur efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique, avec une augmentation de 0,6 milliard d’euros en engagements budgĂ©taires et de 0,3 milliard d’euros en crĂ©dits de paiement en 2024.
Soutien au verdissement du parc automobile

Dans le cadre de la stratĂ©gie nationale bas carbone (SNBC), la France s’est fixĂ© un objectif ambitieux : rĂ©duire les Ă©missions provenant du secteur des transports de 28 % d’ici 2030 par rapport Ă 2015. Ce secteur reprĂ©sente une part substantielle des Ă©missions de gaz Ă effet de serre dans le pays, totalisant 30 % du total, dont près de la moitiĂ© est attribuable aux vĂ©hicules particuliers.
Pour encourager la transition vers un parc automobile plus respectueux de l’environnement, le gouvernement français a mis en place des dispositifs de soutien financier. Parmi ceux-ci, on retrouve le cĂ©lèbre « bonus Ă©cologique » et la « prime Ă la conversion, » visant Ă inciter les citoyens Ă opter pour des vĂ©hicules moins polluants. Ces mesures s’inscrivent dans l’objectif europĂ©en de mettre un terme Ă la vente de vĂ©hicules lĂ©gers neufs utilisant des Ă©nergies fossiles d’ici 2035. Une Ă©tape cruciale vers un avenir plus durable pour la mobilitĂ© en France.
Economie du budget santé
La loi de finances (PLF) décidé la mise en place à une économie du budget de la santé pour se faire des changements vont être opérés dès 2024.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 prévoit un déficit des régimes de base et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) de 8,8 milliards d’euros en 2023 et de 11,2 milliards d’euros en 2024. Il prévoit également un déficit renforcé de 17,5 milliards pour 2027, en ce sens des économies sont prévues.
Les dépenses liées aux arrêts maladies
Le gouvernement souhaite également renforcer les contrôles de l’assurance maladie et des entreprises pour lutter contre l’augmentation des dépenses liées aux arrêts maladie. Les médecins agréés mandatés par l’employeur pourront suspendre le versement des indemnités aux patients s’ils estiment que l’arrêt est injustifié.
Le PLF 2024 prévoit dans le financement de la Sécurité sociale trois jours de limitation à trois jours de la durée des arrêts prescrits pas télé consultation, exception faite pour le médecin traitant.